Article : Les articulations s’usent-elles avec l’âge ? Et que peut-on faire pour continuer à bouger ?

Publié le 08/10/2026

Par Marc Dellière,  Consultant médical et formateur - Spécialiste du stress, de la prévention et de la santé intégrative

Deux personnes du même âge peuvent avoir des expériences très différentes. L’une présente des signes d’arthrose sur une radiographie du genou et marche sans difficulté. L’autre a mal à chaque escalier alors que ses images paraissent peu altérées.

L’arthrose ne se résume pas à un cartilage qui s’use comme la semelle d’une chaussure. Une articulation est composée de tissus vivants qui réagissent aux mouvements et aux contraintes.

Avec l’âge, leur capacité à maintenir leur équilibre évolue. Mais vieillir ne condamne pas à souffrir des articulations : blessures antérieures, poids, génétique et mécanique articulaire influencent aussi ce qui se passe. [1, 2]

L’inflammation fait partie de l’histoire

Dans certaines articulations arthrosiques, la membrane qui entoure l’articulation — la membrane synoviale — présente une inflammation de faible intensité. Elle échange des signaux avec le cartilage et l’os situé juste en dessous. Cette synovite a été associée, dans des études, à la douleur et à la progression de l’arthrose. [3, 4]

Cela ne veut pas dire que toute douleur articulaire est due à l’inflammation, ni que celle-ci est identique chez tout le monde. Le vieillissement cellulaire, les contraintes mécaniques et les facteurs métaboliques interagissent. C’est pourquoi une explication unique débouche rarement sur une solution unique.

Alors, que peut-on faire aujourd’hui ?

1 - Continuer à bouger, en adaptant le mouvement

Quand un genou fait mal, l’envie de l’épargner complètement est compréhensible. Pourtant, l’exercice adapté fait partie des recommandations les plus constantes dans la prise en charge de l’arthrose. Marche, vélo, activité aquatique ou autre mouvement apprécié : le meilleur point de départ est une activité que l’on peut reprendre régulièrement et adapter à ses capacités. [5, 6]

L’objectif n’est pas de forcer à travers une douleur importante. Il est de trouver, éventuellement avec un professionnel de santé, une manière de bouger que l’on pourra maintenir dans le temps.

2 - Renforcer les muscles qui soutiennent l’articulation

Bouger davantage ne signifie pas seulement marcher davantage. Le renforcement musculaire aide à améliorer la fonction et fait partie des exercices recommandés, notamment pour l’arthrose du genou ou de la hanche. Il peut être associé à une activité d’endurance adaptée. [5, 6]

Une personne gênée pour monter les escaliers peut, par exemple, discuter avec un kinésithérapeute d’un programme progressif visant la force des jambes, l’équilibre et le geste qui lui pose problème. L’exercice devient alors une réponse à une difficulté précise de la vie quotidienne, plutôt qu’une consigne vague de « faire du sport ».

3 - Agir sur les facteurs qui comptent pour soi

Lorsqu’un excès de poids est présent, un accompagnement à la gestion du poids peut faire partie de la prise en charge d’une arthrose du genou ou de la hanche. Mais ce conseil n’a pas de sens comme réponse automatique adressée à tout le monde. Une ancienne blessure, une perte de force, des douleurs qui limitent l’activité ou d’autres problèmes de santé peuvent appeler des approches différentes. [5, 6]

Une première question utile consiste à choisir un mouvement que l’on souhaite retrouver : marcher vingt minutes, se relever plus facilement d’une chaise, faire les courses ou reprendre une activité aimée. Cela donne un objectif concret à discuter avec un soignant et un moyen d’observer les progrès au-delà du seul niveau de douleur.

Mesurer ce qui change vraiment

La recherche sur l’inflammation et le vieillissement articulaire ouvre des pistes prometteuses. Mais une variation d’un marqueur inflammatoire en laboratoire ne prouve pas, à elle seule, qu’une personne marchera mieux ou que son cartilage sera préservé. Ces bénéfices doivent être mesurés directement dans des études humaines.

En attendant, une articulation douloureuse n’impose pas de renoncer au mouvement. Le premier pas est souvent de trouver comment recommencer à bouger, progressivement, avec un objectif qui compte pour soi.

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Sources scientifiques :

  • Anderson AS, Loeser RF. Why is osteoarthritis an age-related disease? Best Practice & Research Clinical Rheumatology. 2010;24:15–26.
  • Diekman BO, Loeser RF. Aging and the emerging role of cellular senescence in osteoarthritis. Osteoarthritis and Cartilage. 2024;32:365–371.
  • Sanchez-Lopez E et al. Synovial inflammation in osteoarthritis progression. Nature Reviews Rheumatology. 2022;18:258–275.
  • De Roover A et al. Fundamentals of osteoarthritis: Inflammatory mediators in osteoarthritis. Osteoarthritis and Cartilage. 2023;31:1303–1311.
  • NICE. Osteoarthritis in over 16s: diagnosis and management. Recommandation NG226, 2022.
  • Kolasinski SL et al. 2019 American College of Rheumatology/Arthritis Foundation Guideline for the Management of Osteoarthritis of the Hand, Hip, and Knee. Arthritis Care & Research. 2020;72:149–162.
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