Article : Pourquoi tombe-t-on malade… au début des vacances ?

Publié le 03/06/2026

Par Marc Dellière – Médecin consultant & formateur, Spécialiste stress, prévention & santé intégrative

Des personnes tombent malades précisément au moment où elles pensaient enfin pouvoir souffler. Pendant des semaines, parfois des mois, elles avancent sans vraiment s’arrêter. Le travail, les responsabilités, les tensions du quotidien… le corps suit. Ou du moins, il semble suivre. Puis arrivent enfin quelques jours de repos.

Et soudain apparaissent un rhume, une fatigue profonde, quelques douleurs, parfois même cette étrange sensation de “retomber” brutalement. Comme si le corps avait attendu ce moment précis pour parler.

Environ 3 % de la population présentait régulièrement ce type de symptômes au moment des week-ends ou des vacances

Ce phénomène est probablement plus fréquent qu’on ne l’imagine. Les premières études néerlandaises estimaient qu’environ 3 % de la population présentait régulièrement ce type de symptômes au moment des week-ends ou des vacances.La littérature scientifique lui a même donné un nom : la “leisure sickness”, ou “maladie des loisirs”.

Les chercheurs décrivent surtout une fatigue inhabituelle, des maux de tête, quelques douleurs diffuses ou encore ces rhumes et états grippaux qui apparaissent souvent lorsque l’on commence enfin à ralentir.

Ce qui est intéressant, c’est que ce phénomène semble concerner plus fréquemment des personnes très investies dans leur travail, habituées à fonctionner sous tension et qui ont parfois du mal à réellement décrocher.

Pendant les périodes de stress prolongé, l’organisme mobilise des ressources considérables pour continuer à avancer. Le cortisol, l’adrénaline, l’hypervigilance mentale maintiennent une forme d’équilibre sous tension. Puis le rythme ralentit enfin. Le système nerveux desserre son emprise, la pression tombe… et ce qui était maintenu à distance réapparaît progressivement; la fatigue accumulée, les tensions, parfois même une infection restée silencieuse jusque-là. Comme si le corps disait enfin : “Maintenant que tu t’arrêtes, je peux me faire entendre.”

Et pourtant, les vacances restent extrêmement bénéfiques pour la santé. Les études montrent qu’elles améliorent la récupération, le sommeil et le bien-être psychologique.

Le problème n’est donc probablement pas le repos lui-même. Le véritable enjeu semble plutôt être la transition brutale entre hyperactivation et relâchement. Dans une société qui valorise beaucoup la performance et la disponibilité permanente, nous apprenons souvent à gérer le stress… mais beaucoup moins à récupérer. Et si la santé dépendait aussi de notre capacité à ralentir progressivement ? À réintroduire des respirations dans l’année. Des moments de récupération plus réguliers. Des transitions moins brutales entre tension et repos.

Osez le stress positif. Nous avons beaucoup appris à performer, à résister, à rester mobilisés. Peut-être avons-nous davantage de difficultés à ralentir. Car un organisme vivant n’est pas conçu pour rester continuellement sous tension… ni pour passer brutalement de l’hyperactivité au repos profond.

Le stress n’est pas toujours l’ennemi. Mais la récupération mérite probablement autant d’attention que la performance

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Sources scientifiques :

Leisure Sickness: A Pilot Study on Its Prevalence, Phenomenology and Background https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/12411765/

Étude sur le détachement psychologique du travail et la récupération https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/17638488/

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