Par Marc Dellière – Médecin consultant & formateur, Spécialiste stress, prévention & santé intégrative
La rentrée n’est pas seulement une date sur le calendrier : c’est un moment charnière, où beaucoup de nos patients ressentent une tension diffuse. Entre reprise du travail, organisation familiale et pression de performance, le corps et l’esprit se trouvent souvent mis à l’épreuve.
Sur le plan clinique, nous constatons régulièrement :
✔️ des troubles du sommeil,
✔️ des douleurs chroniques exacerbées,
✔️ une vulnérabilité métabolique accrue (prise de poids, dérégulation glycémique),
✔️ une recrudescence de l’anxiété et des symptômes dépressifs.
Ces manifestations ne sont pas anecdotiques. La littérature médicale confirme que le stress aigu affecte directement les performances cognitives et la prise de décision (LeBlanc, 2009), et qu’il augmente le risque d’erreurs professionnelles dans le soin (Vlassi et al., 2023).

Mais au-delà des chiffres, il y a les récits de nos patients : la mère épuisée par la double journée, le cadre qui reprend un rythme effréné, l’adolescent inquiet face aux exigences scolaires. Ces histoires nous rappellent que derrière chaque symptôme se cache une expérience humaine.
Et nous-mêmes, soignants, ne sommes pas épargnés : reprise des agendas surchargés, accumulation de dossiers en attente, impression de “redémarrage à plein régime”. Des interventions comme la pleine conscience ou l’hypnose, déjà évaluées positivement chez les étudiants en santé (Luberto et al., 2020), peuvent aussi être proposées à nos patients – et pourquoi pas intégrées à nos propres routines.
Quelques pistes simples mais efficaces :
- Anticiper le suivi des patients les plus vulnérables,
- Proposer des routines de santé protectrices (sommeil, activité, nutrition),
- Utiliser des outils validés (questionnaires de stress perçu, relaxation, hypnose),
- Préserver aussi nos propres ressources pour rester dans une posture d’accompagnement juste.
La rentrée peut ainsi devenir une opportunité d’ajuster les pratiques et renforcer la prévention, plutôt qu’un temps d’épuisement subi. Et vous, dans votre pratique, percevez-vous une augmentation des symptômes liés au stress au mois de septembre ?
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Sources scientifiques :
✍️ Kelly, J. A., Bradlyn, A. S., Dubbert, P. M., St Lawrence, J. S. & Solana, A. M. (1982). Stress management training in medical school. Journal of Medical Education, 57(2), 91-99. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/7035671/
✍️ LeBlanc, V. R. (2009). The effects of acute stress on performance: implications for health professions education. Academic Medicine, 84(10 Suppl), S25-S33. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/19907380/
✍️ Luberto, C. M., Hall, D. L., Park, E. R., Haramati, A. & Cotton, S. (2020). A systematic review and meta-analysis of the effects of meditation on empathy, compassion, and prosocial behaviors. Mindfulness, 11, 1464-1480. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC7739073/
✍️ Mosca, M. S., Goodell, L. S., Rankin, L. L. & Jasienska, G. (2019). Health professional students’ stress relief and wellness needs: A cross-sectional study. Journal of Medical Education and Curricular Development, 6, 2382120519897034. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC6936303/
✍️ Pänkäläinen, K., Kallio, H., Jääskeläinen, T. & Toom, A. (2024). Social support and belonging as protective factors against distress in health profession students. Frontiers in Psychology, 15, 11687373. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC11687373/
✍️ Vlassi, A., Alikari, V., Chondrogiannis, K., Tzavella, F., Zyga, S. & Fradelos, E. C. (2023). Burnout syndrome and professional mistakes in health professionals: Before the COVID-19 era in Greece. Materia Socio-Medica, 35(3), 179-184. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/38131684/