Article : Endométriose, et si nous regardions au-delà des hormones

Publié le 02/03/2026

Par Marc Dellière – Médecin consultant & formateur, Spécialiste stress, prévention & santé intégrative

L’endométriose est classiquement présentée comme une pathologie œstrogéno-dépendante. C’est exact.

Mais cette lecture est-elle complète ?

Dans la pratique, de nombreuses patientes décrivent des douleurs plus intenses en période de stress, un sommeil perturbé, une fatigue persistante et une hypersensibilité accrue. Ce constat n’est probablement pas anecdotique.

Le rôle du stress biologique

Le stress chronique active l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien. Le cortisol augmente et le dialogue avec l’axe gonadique se modifie.

Inflammation et amplification de la douleur

En parallèle, le terrain devient plus inflammatoire. La neuro-inflammation progresse, ce qui signifie que le système nerveux entre dans un état d’alerte durable qui amplifie la perception de la douleur.

Certaines cellules immunitaires, comme les mastocytes, s’activent. Ces cellules participent aux réactions inflammatoires et libèrent des médiateurs qui entretiennent l’inflammation locale.

Le système nerveux devient alors plus réactif, un phénomène appelé sensibilisation centrale, où des signaux normalement tolérables sont perçus comme plus douloureux.

Dans le même temps, le sommeil profond se fragilise alors qu’il joue un rôle essentiel dans la régulation du cortisol et des processus inflammatoires.

Une boucle d’amplification

Le stress ne crée pas la lésion. Mais il peut en amplifier l’expression. Une boucle cohérente peut alors s’installer. Stress, inflammation, douleur, puis à nouveau stress.

Si l’endométriose est hormonale, l’organisme fonctionne comme un système intégré.

En situation d’alerte prolongée, les régulations fines, notamment neuroendocriniennes, deviennent plus instables. Cela ouvre une réflexion plus large.

Vers une approche plus systémique

Les approches purement hormonales ont leur place. Mais elles ne répondent pas toujours à la complexité du vécu des patientes. Intégrer la régulation du stress, du sommeil et de l’inflammation pourrait constituer un levier complémentaire dans une approche plus globale.Il ne s’agit pas d’opposer hormones et stress. Il s’agit d’élargir le modèle. Peut-être que la question évolue. Au-delà du contrôle hormonal, comment apaiser le système ?

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Sources scientifiques :

Brasil DL, Montagna E, Trevisan CM, et al. Psychological stress levels in women with endometriosis: systematic review and meta-analysis. Arch Gynecol Obstet. 2020;302(3):527-537. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/31755674/

Appleyard CB. The link between stress and endometriosis: from animal to human evidence. Reprod Sci. 2020;27(6):1226-1237. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32542543/

Laganà AS, et al. Stress, pain, anxiety and depression in endometriosis: pathophysiological and clinical implications. Int J Mol Sci. 2024;25. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/38565045/

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